Marie De Decker
Artiste pluridisciplinaire, Marie De Decker s'empare du langage
de l'artisanat d'art pour célébrer le vivant, tisser de nouveaux récits et ouvrir
des espaces de contemplation.
Sa pratique singulière associe dorure, sculpture et installation, image, dessin et performance.
Habitée par la question des origines et de la transmission, Marie De Decker explore les correspondances entre matière et souvenir. Son double héritage culturel, dentelle des Flandres et or de l’Empire du Mali, nourrit ses recherches.
La mangrove peu connue de l'île Maurice est son territoire d’inspiration et le laboratoire de son engagement pour une création durable. Elle y collecte objets et matériaux abandonnés, qu’elle associe à des éléments naturels, au fil d’expérimentations continues.
L'or, métal des origines, est convoqué non pour orner mais pour révéler.
Il raconte des histoires et les inscrit dans la mémoire collective.
Libéré de la surface, le filigrane d’or dessine dans l’espace : pour défier la pesanteur, Marie De Decker met au point ses propres techniques, inspirées des savoir-faire de la dorure et du textile.
DÉMARCHE
Je ne pars pas d’une intention fermée. Mon travail se construit dans l’expérience sensible, au contact d’une matière, d’une lumière, d’un lieu ou d’un geste. Je cherche moins à représenter le vivant qu’à rendre perceptibles ses transformations : les relations mouvantes entre le corps, la perception, la mémoire et le temps.
La mangrove de Poudre d’Or constitue un territoire matriciel. Ni tout à fait terrestre ni entièrement maritime, elle m’offre un modèle d’interdépendance, de circulation et de métamorphose. Les motifs de plume et d’écaille naissent de cette observation. Répétés, déplacés et entrelacés, ils organisent les œuvres sans centre fixe, à la manière de systèmes vivants.
L’or intervient comme un médium de révélation. Libéré de la surface, il devient ligne, trame et flux. Mon geste est direct, souvent sans esquisse préalable ; il engage irréversiblement la forme. Pleine en apparence, la sculpture se creuse de vide et se prolonge dans son ombre. Ma formation photographique nourrit cette attention au clair-obscur, aux contrastes et aux variations de la lumière.
Mes héritages flamand et peul — la dentelle des Flandres et l’or de l’Empire du Mali — ne sont pas des signes à illustrer, mais des lignes de transmission. Ils relient la mémoire du geste, la matière et les récits collectifs. Les filets glanés dans l’océan, les matières naturelles et les objets chargés d’une vie antérieure portent eux aussi leurs propres histoires. Je ne cherche pas à les effacer, mais à les déplacer, afin que l’œuvre devienne un espace de mémoire plutôt qu’un objet clos.
Dans le dessin comme dans la performance, le geste ouvre un temps de présence. L’œuvre ne se livre jamais entièrement : elle invite le regard à ralentir, à circuler et à éprouver ce qui demeure au cœur même de la transformation.
POUDRE D’OR
À Poudre d’Or, la mangrove méconnue de l’île Maurice forme un territoire intermédiaire, soumis aux mouvements de l’eau, de la lumière et des marées. Les racines, les courants et les matières s’y rencontrent sans se confondre. Rien n’y est tout à fait stable; les formes persistent en se transformant.
Cet écosystème nourrit mon vocabulaire plastique. La plume et l’écaille ne reproduisent pas la nature: elles prolongent ses principes d’organisation, fondés sur la répétition, la variation et l’interdépendance.
J’y collecte également des filets de pêche et des matières abandonnées, marqués par leur séjour au contact de l’océan. Intégrés aux œuvres, ils ne perdent pas leur histoire. Ils deviennent les fragments d’une mémoire commune au vivant
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GESTE
Le filigrane naît d’un geste direct, souvent sans esquisse préalable. Inspirée des savoir-faire de la dorure et du textile, la technique que j’ai développée libère l’or de la surface pour le faire habiter l’espace. La forme se construit ligne après ligne ; toute décision devient irréversible.
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LUMIÈRE
Ma formation photographique détermine mon rapport à la lumière. Le clair-obscur, les reflets et l’ombre ne sont pas des effets ajoutés: ils prolongent l’œuvre et en modifient la perception. Je travaille vingt-sept nuances d’or, laissées sans vernis afin que leur lumière continue d’évoluer avec l’espace et le regard.
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MATIÈRES
Filets de pêche glanés, nacres, fibres végétales et objets chargés d’une vie antérieure entrent dans les œuvres avec la mémoire de leurs usages et de leurs milieux. Je ne cherche pas à neutraliser cette histoire, mais à la rendre perceptible, afin que la matière devienne un lieu de transmission.
BIOGRAPHIE
Artiste pluridisciplinaire, formée aux beaux-arts, à la photographie et à la création
graphique, Marie De Decker s’est d’abord fait connaître comme portraitiste.
Depuis 2022, elle s’est emparée du langage de l’artisanat d’art pour développer
une oeuvre singulière mêlant image, sculpture et installation, dessin et
performance.
Habitée par la question des origines et de la transmission, Marie De Decker s’intéresse aux correspondances entre matière et souvenir. Son double héritage culturel, dentelle des Flandres et or de l’Empire du Mali, irrigue cette recherche, tournée vers l'émergence d'une mémoire collective.
Nourri par l’observation de la nature, son travail célèbre avant tout la permanence du vivant et invite à l’émerveillement. Dessins, sculptures, objets et installations composent un univers organique où les motifs - plume et écaille - et la lumière évoquent les formes et flux symboliques des mondes terrestre et céleste.
Les mangroves de l’océan Indien sont son territoire d'inspiration et le laboratoire de
son engagement pour une création durable. L’artiste y collecte filets de
pêche et matériaux abandonnés, et les associe à des matières naturelles
(nacres, fibre végétale, coquillage) Empreints du contact de la faune et de la
flore, ces éléments portent en eux leur propre histoire. ce sont des objets anciens oubliés (cruches bénites, coffrets familiaux), auxquels elle redonne une présence.
Marie De Decker a choisi d’utiliser l’or, métal des origines, né du cosmos et présent sur la Terre depuis sa formation, comme révélateur. Trait d’union entre perceptible et invisible, passé et futur, il vient raconter et fixer les récits dans le temps.
Pour libérer le métal de la surface et défier la pesanteur, l’artiste met au point ses propres techniques, inspirées des savoir-faire de la dorure et du textile. Son filigrane d’or dessine dans l’espace avec un effet de légèreté irréel, propice à la contemplation.
Lorsque ce geste devient performance, associé à la musique et à l’image en mouvement, l’artiste convie encore le spectateur à habiter un espace de présence et de conscience détaché des repères habituels.
Née à Paris en 1988, Marie De Decker vit et travaille entre Luxembourg et Poudre d'Or (Maurice).
Ces dernières années, son travail a été exposé dans le cadre de la Paris Design Week (2024, 2026) et de la Biennale Révélations au Grand Palais
(2025). Elle participe à l'automne 2026 aux expositions collectives Homo
Faber organisée par la Fondation Michelangelo à Venise et Africa Legacy
à Bruxelles organisée par la ville de Bruxelles sous le commissariat de Didier Claes.
Parcours
FORMATION
2022 — Formation en dorure d’art, Atelier Dufala, France
2011 — Bachelor en création graphique, Haute École Francisco Ferrer, Bruxelles, Belgique
2010 — Bachelor en photographie, École Agnès Varda, Bruxelles, Belgique
2007 — Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Belgique Section Art Environnemental - Espaces Publics
2006 — Baccalauréat STI Arts appliqués, lycée polyvalent Ernest Hemingway, Nîmes, France
EXPOSITIONS PERSONNELLES — SÉLECTION
2026 — Et Sous La Mer La Lumière, Exquisse, Monte-Carlo, Monaco
2026 — Variations, Castel Paris, programme LHOOQ, commissariat Agathe Anglionin, Paris, France
2023 — Triptyque, Elvinger Hoss Prussen, Luxembourg
2013 — Origine, TAG Galerie, Bruxelles, Belgique
EXPOSITIONS COLLECTIVES — SÉLECTION
2026 — Homo Faber, Michelangelo Foundation, Venise, Italie
2026 — Africa Legacy, Bruxelles, Belgique
2026 — Paris Design Week, Paris, France
2025 — Révélations, Biennale internationale métiers d’art et création, Grand Palais, Paris, France
2025 — Bel Ouvrage, Paris Design Week, Palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés, Paris, France
2025 — Biennale De Mains de Maîtres, Luxembourg
2025 — Luxembourg Art Week, DELEN Private Bank Luxembourg
2024 — Paris Design Week, Atelier Gustave et Galerie Montpensier, Palais-Royal, Paris, France
2013 — Rencontres Photographiques de la ville d'Arlon, Belgique
2011 — Untitled Expo, Thème Intégré des étudiants de l'Ecole de Photographie Agnès Varda, Tour & Taxi, Bruxelles, Belgique
PROJETS, RÉSIDENCES ET COMMANDES — SÉLECTION
2026 — Xtant, résidence et programme de leadership artistique, sous le commissariat de Kavita Parmar, avec le soutien de la Michelangelo Foundation
2026 — Wine Meets Art, Domaine Claude Bentz
2026 — Eggxtraordinaire, édition 2, De Mains de Maîtres, membre du jury
2025 — Une Vision, commande réalisée à l’occasion des vingt-cinq années de règne de S.A.R. le Grand-Duc Henri de Luxembourg et 40 ans de SES
2023 — Vente aux enchères au profit de la Fondation Cancer Luxembourg, Lux Auction, Drouot
2023–2026 — Présentation permanente, Adamah Fine Arts, Maurice
2023–2026 — Présentation permanente, Windeshausen Luxembourg
REGARD CRITIQUE
CE QUI DEMEURE, CE QUI SE TRANSFORME
« L’œuvre de Marie De Decker se déploie comme un espace de passage, où la mémoire, la matière et l’imagination se nouent dans un même mouvement. L’or cesse d’être perçu comme une matière noble pour devenir un flux, conduisant le regard et révélant des formes vouées autant à l’apparition qu’à l’effacement. »
Agathe Anglionin
Architecte, curatrice et critique d’art